« Mettre les mots sur le papier, c’était comme vider un sac que je portais depuis trop longtemps. »
Écrire pour comprendre.
Écrire pour se libérer.
Écrire pour aider les autres à s’en sortir.
À travers son livre Meurtrie, Christelle Caira livre un témoignage bouleversant, à la fois intime et profondément utile, destiné à celles et ceux qui traversent des situations de violence.
Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous raconter d’où est venue votre envie d’écrire ?
Christelle Caira :
J’ai cinquante ans, je vis dans le Nord, et j’ai longtemps écrit dans un simple cahier, un peu comme un journal intime.
J’adorais écrire des poèmes. L’idée d’un livre m’avait déjà traversé l’esprit, sans jamais aboutir.
Le déclic est venu de ma fille.
Un jour, elle m’a dit :
« Tu adores écrire, pourquoi tu ne le fais pas, toi qui voulais écrire ton histoire ? »
Comment avez-vous découvert Elefantia, et pourquoi l’avoir choisi ?
C.C. :
J’ai fait un comparatif sur Internet.
D’autres services coûtaient environ 1200€, ce qui était impossible pour moi. Elefantia proposait un premier chapitre gratuit : j’ai pu tester.
J’ai été séduite par :
- l’approche humaine
- le tarif transparent
- et le fait qu’il y ait de vraies personnes derrière
Comment les questions personnalisées ont-elles influencé votre cheminement ?
C.C. :
C’est là que tout a pris forme.
Chaque chapitre s’ouvrait sur des questions adaptées à mon vécu. Elles structuraient mon récit, m’obligeaient à aller chercher des souvenirs enfouis, tout en me laissant libre.
Sans ces questions, j’aurais laissé des zones d’ombre.
Certaines m’ont même ramenée à des épisodes que je n’avais jamais osé verbaliser.
En quoi ce parcours vous a-t-il aidée à revisiter votre histoire familiale ?
C.C. :
Il m’a permis de revisiter des moments très forts.
Par exemple, adolescente, j’ai tenté de protéger mon frère lorsque ma mère voulait quitter notre père. Cette décision m’a longtemps été reprochée.
Plus tard, elle est partie avec ma petite sœur, mais pas avec nous.
Pendant longtemps, j’ai porté une culpabilité qui ne m’appartenait pas.
Avec le recul, j’ai compris :
je n’étais pas responsable.
Certaines questions vous ont-elles particulièrement marquée ?
C.C. :
Oui. Une en particulier :
« À quel moment avez-vous compris que vous étiez sortie de l’emprise ? »
J’ai beaucoup pleuré.
Mais j’ai aussi réalisé le chemin immense parcouru… et que j’avais enfin le droit de le dire.
Qu’avez-vous ressenti en terminant votre livre ?
C.C. :
Mettre les mots sur le papier, c’était comme vider un sac que je portais depuis trop longtemps.
J’ai même écrit une lettre à mon ex-conjoint, sans jamais attendre de réponse.
Les coups finissent par guérir.
Mais les mots, eux, restent gravés.
Les écrire m’a permis de tourner la page.
Vous avez inclus un chapitre de conseils. Pourquoi ?
C.C. :
Pour donner de l’espoir.
Je termine avec ce message :
« J’y suis arrivée, pourquoi pas vous ? »
C’est en appelant le 3919 que j’ai compris ce que je vivais.
Dans mon livre, j’ai voulu aller plus loin, en proposant des ressources concrètes :
- un tableau des signaux d’alerte
- des repères pour identifier un prédateur
J’ai même offert un exemplaire à une association.
Quand vous avez tenu votre livre entre vos mains, qu’avez-vous ressenti ?
C.C. :
Une immense fierté.
Je me voyais comme une “technicienne de l’ombre”.
Mais en écrivant, j’ai réalisé mon parcours, mes réussites.
Longtemps, j’ai pensé que ma seule réussite était d’avoir élevé mes filles.
Mais la plus grande a été :
avoir quitté définitivement un homme violent, sans jamais revenir en arrière.
Que diriez-vous à une victime qui hésite à écrire ?
C.C. :
Qu’elle fonce.
Même sans publication, écrire allège le cœur.
Se raconter, c’est déjà se reconstruire.
Et avec Elefantia, on n’a pas besoin d’être écrivaine : les questions accompagnent tout du long.
Au-delà de votre histoire, que souhaitez-vous transmettre ?
C.C. :
Que personne n’est seul.
Je veux que mon livre :
- serve d’électrochoc
- aide à repérer les premiers signes
- montre qu’une sortie est possible
Si une personne veut parler, je suis passée par là.
En résumé, que retenez-vous de votre expérience ?
C.C. :
Une méthode simple, humaine, accessible.
Mais surtout :
la possibilité de transformer une douleur en quelque chose d’utile.
Sans ma fille et sans Elefantia, ce livre n’existerait pas.
Conclusion
À travers Meurtrie, Christelle Caira livre bien plus qu’un témoignage.
C’est un acte de courage.
Un outil pour comprendre.
Et un message d’espoir pour toutes celles et ceux qui traversent l’emprise et la violence.
Son récit montre une chose essentielle :
il est possible de se reconstruire — et même de transformer son histoire en force.



Partager:
Le Témoignage de Pierre Pépin
Le Témoignage de Maryline Lorne