Une vie entière guidée par la science.
Une carrière internationale.
Et une envie, longtemps restée en suspens : raconter.
Avec L’ion dompté, Edgar Berreby transforme son parcours d’ingénieur en un récit vivant, à la croisée de la mémoire personnelle, de la science et de l’histoire du monde.
Votre passion pour la chimie remonte à très loin. Pouvez-vous nous raconter ce coup de foudre ?
Edgar Berreby :
Dès mes premières heures en faculté, j’ai été saisi par la chimie.
Une discipline discrète, souvent méconnue, mais qui touche à presque tous les aspects de notre quotidien.
J’ai construit cinquante-cinq années de carrière autour d’elle.
Et au moment de la retraite, j’étais déjà…
« irrémédiablement dompté ».
Pourquoi le titre L’ion dompté ?
E.B. :
La résine échangeuse d’ions a été le fil rouge de ma vie professionnelle.
Elle m’a emmené des laboratoires aux usines de dessalement du Moyen-Orient.
Le mot ion évoque à la fois : la rigueur scientifique, le mouvement, le passage d’un état à un autre.
Exactement comme une autobiographie.
On circule de souvenir en souvenir, comme les ions s’échangent sur la résine.
Avant Elefantia, qu’est-ce qui bloquait dans votre projet d’écriture ?
E.B. :
J’avais envisagé plusieurs pistes :
- biographes traditionnels
- enregistrements
Mais rien ne prenait forme.
Je n’arrivais pas à imaginer le squelette du livre.
C’est mon fils qui m’a mis en relation avec Thierry Moncorger.
Et là, j’ai compris :
Elefantia allait me fournir la structure.
Et moi, je n’avais plus qu’à apporter la matière première :
mes histoires.
Que pensez-vous de la méthode Elefantia ?
E.B. :
L’intelligence artificielle pose des questions très pertinentes et génère un manuscrit.
Il faut bien sûr retravailler : supprimer certaines redites et enrichir certains passages.
Mais l’équipe joue un vrai rôle d’éditeur : elle affine, elle pousse à préciser, elle améliore la cohérence.
Vous racontez une découverte scientifique marquante. Pouvez-vous nous la revivre ?
E.B. :
Je travaillais sur une réaction censée produire un résultat A… qui donnait obstinément un résultat B.
Mon directeur, le professeur Joseph Wiemann, a immédiatement compris l’importance :
« Si ce que vous décrivez est vrai, c’est phénoménal ! »
Quelques jours plus tard, un spectromètre RMN a confirmé l’existence de cette molécule inattendue.
Cette “erreur” a propulsé ma thèse.
Je l’ai soutenue à vingt-trois ans et demi.
« Je l’ai fait ! »
Votre parcours est très international. Quels pays vous ont marqué ?
E.B. :
Le Royaume-Uni et le monde arabe.
J’y ai vu comment le manque d’eau devient un enjeu géopolitique majeur.
Comment des rumeurs peuvent enflammer des régions entières.
Ces expériences donnent une dimension politique à un parcours d’ingénieur.
Que ressent-on en tenant son livre entre les mains ?
E.B. :
Un mélange de soulagement et de fierté.
Ce projet était dans ma tête depuis 2021.
Sans Elefantia, j’y serais encore.
Aujourd’hui :
je peux tendre ce livre à ma famille, l’envoyer à un ami.
Chaque exemplaire est une forme de lien.
Pourquoi avoir intégré des photos ?
E.B. :
Parce que l’image parle là où les mots s’essoufflent.
Mes petits-enfants ne peuvent pas imaginer certains lieux ou certaines personnes.
Une photo les rend immédiatement réels.
Les images donnent chair au récit.
Elles transmettent une mémoire qui, autrement, disparaît.
Pourquoi est-il important de raconter son histoire face à “l’Histoire officielle” ?
E.B. :
L’Histoire officielle filtre, simplifie, politise.
Le témoignage individuel, lui :
ne sert aucun drapeau.
Mis bout à bout, ces récits personnels forment une mosaïque plus honnête.
Vous projetez déjà un second livre. De quoi parlera-t-il ?
E.B. :
Des “occasions manquées” de la géopolitique.
Pourquoi certaines décisions n’ont pas été prises à temps.
Pourquoi certaines situations ont dégénéré.
Ce serait un tour du monde des
“si seulement”.
Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui hésite à écrire ?
E.B. :
Se lancer.
Ne pas attendre de savoir “parfaitement écrire”.
Vos maladresses sont aussi votre signature.
Trouver un cadre, une méthode, ou quelqu’un qui pose les bonnes questions.
Et surtout :
relire, relire, relire.
Une suggestion pour améliorer Elefantia ?
E.B. :
Proposer des palettes de style, des retours sur les passages moins forts et une aide à la cohérence chronologique. Et continuer à réduire les redites.
Conclusion
Avec L’ion dompté, Edgar Berreby ne livre pas seulement une autobiographie.
Il tisse un récit unique, où la science, les souvenirs et l’histoire du monde se répondent.
Son parcours montre une chose essentielle :
Une vie, même très technique, peut devenir un récit profondément humain
et chaque souvenir, comme un ion, trouve sa place dans un ensemble plus grand



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