Un jour, dans un formulaire, une personne nous a résumé son projet en une phrase : « C'est l'histoire d'un enfant en 1961 dans la campagne corrézienne, le titre “L'enfant des ruisseaux” ». Le titre était choisi. Le lieu, l'année aussi. Il manquait le livre.
Beaucoup de gens qui veulent écrire leurs mémoires en sont là. Ils y pensent depuis dix ans, ils ont un cahier commencé dans un tiroir, un fichier Word sur un vieil ordinateur, parfois une première page recopiée trois fois. Puis la vie a repris le dessus, et le cahier est resté à la page onze.
Cet article s'adresse à eux. Il part d'une idée simple : on ne recommence pas, on reprend.
Écrire ses mémoires sans repartir de zéro
Écrire ses mémoires seul face à une page blanche décourage la plupart des gens au bout de quelques pages. Elefantia supprime cette difficulté : au lieu d'écrire, la personne répond à une question à la fois, à son rythme, quelques minutes par jour ou par semaine. Les réponses s'assemblent en chapitres que l'on peut relire et corriger à tout moment. Le projet avance sans pression jusqu'au livre imprimé.
Les premiers essais s'arrêtent presque toujours pour les mêmes raisons. On a commencé par la naissance, par devoir, et les premières années sont celles dont on se souvient le moins. On a voulu bien écrire dès la première phrase, on s'est relu, on a trouvé ça mauvais. Ou on a sous-estimé le temps : une vie de soixante-dix ans ne se rédige pas en deux week-ends.
Commencer par sa naissance est, franchement, la meilleure façon d'abandonner. Commencez par ce qui vous revient le plus facilement, un été, un métier, une rencontre. L'ordre se fait après.
Rassembler ce qui existe déjà
Avant de vous remettre à écrire, faites l'inventaire. Le cahier, d'abord. Les fichiers sur l'ordinateur, y compris ceux dont le nom ne dit rien. Les notes prises sur le téléphone, les mails envoyés à un cousin pour lui raconter un souvenir, les lettres. Vous serez surpris de la quantité de texte que vous avez déjà produit sans l'appeler « mémoires ».
Relisez tout une fois, sans corriger. Notez sur une feuille les épisodes déjà racontés et ceux qui manquent. Cette feuille vaut plus que tout le reste : elle vous dit où reprendre.
Si une partie du texte est manuscrite, ne la recopiez pas tout de suite. Photographiez les pages avec votre téléphone, pour ne rien perdre, et gardez le cahier à portée de main pendant que vous continuez.
Bref, avant d'écrire une ligne de plus, vous devriez savoir où vous en êtes.
Quelques pages ou un texte presque fini : deux chemins
Si vous avez quelques pages et beaucoup de choses à dire, l'application Elefantia reprend le projet par les questions. Un entretien préparatoire de dix questions sur les grandes lignes de votre vie, puis entre cinq et quinze thèmes, avec quinze à vingt questions par thème, construites à partir des noms et des lieux que vous avez déjà donnés. Vos pages existantes servent de réponses écrites aux questions qui leur correspondent. Le reste, vous pouvez le raconter à voix haute, ce qui va souvent plus vite.
Marina D. l'a formulé ainsi après son livre : « J'ai toujours voulu créer un livre autobiographique mais ne sachant pas où commencer, Elefantia me semblait être parfait pour moi. »
Si votre texte est presque complet, des dizaines de pages, un récit qui tient debout, vous n'avez pas besoin de questions. Vous avez besoin d'une relecture et d'une mise en page. C'est le rôle de Mon manuscrit en livres : un relecteur-éditeur corrige, signale les passages à clarifier, met en page au format livre, puis le texte est imprimé. La formule est sur devis, selon la longueur et l'état du manuscrit.
Tenir jusqu'au livre cette fois
Le premier essai s'est arrêté. Le deuxième peut s'arrêter aussi, et il faut le prévoir. Trois choses aident. D'abord, une fréquence modeste : une question par jour, ou trois par semaine, plutôt qu'un dimanche entier tous les deux mois. Ensuite, un chapitre fini avant d'en commencer un autre, pour avoir quelque chose à relire et à montrer. Enfin, une échéance réelle, un anniversaire, des noces d'or, un Noël.
L'abonnement à l'application coûte 9,99 € par mois sans engagement, 49 € pour six mois ou 69 € pour un an. L'essai est gratuit. La formule Mon récit en livres commence à 49 €, et l'impression du livre se commande à part, à partir de 35 € l'exemplaire.
Une précision : vos chapitres restent modifiables à tout moment. Si vous retrouvez en mars un carnet oublié qui contredit ce que vous avez écrit en janvier, vous corrigez. Le livre ne part à l'impression que quand vous le décidez.
Quant à « L'enfant des ruisseaux », nous ne savons pas si le livre existe aujourd'hui. Le titre, en tout cas, était bon.


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